Symbiose

L’églantier

jeudi 16 janvier 2014 par Symbiose

L’églantier est un arbuste de la famille des Rosacées (Rosaceae). Il est connu aussi sous les noms de rosier sauvage, rose des haies ou cynorhodon.

Pour plus de renseignements sur les Rosacées, rendez-vous dans la rubrique Histoires de Familles ou cliquez sur le lien.

Etymologie

Rosa canina vient du latin rosa , rose et canis , chien, canina , des chiens : Dans l’Antiquité, on attribuait des qualités antirabiques à ses racines. D’ailleurs, cynorhodon , composé des mots grecs cynos , chien et rhodon , rose veut dire aussi rose des chiens. Le mot églantier vient lui de l’ancien français aiglant , tiré lui-même de acus , aiguille, aculeus , muni d’aiguilles, épineux, piquant. Bédégar vient du persan bad , vent, souffle et de l’arabe ward , rose et traduit sans doute son aspect ébouriffé.

Description

Les caractéristiques physiques de l’églantier sont ses tiges dressées à rameaux retombants munies de grosses épines robustes et crochues.

Ses feuilles sont alternes, stipulées et composées de 5 à 7 folioles ovales-lancéolées et dentées.

Ses fleurs sont solitaires ou en grappes, régulières, à pétales rose pâle odorants et plus ou moins échancrés. Les sépales sont aigus et rabattus contre le cynorhodon.

Les fruits de l’églantier sont les graines (des akènes) munis de nombreux poils connus comme le poil à gratter. Les cynorhodons souvent appelés fruits dans le langage commun sont en fait, botaniquement, des faux-fruits. Un fruit est le résultat du développement des pièces fertiles. Il succède à la fleur par transformation du pistil. Un faux-fruit est le résultat du développement des pièces stériles de la fleur. Le cynorhodon, tout comme la pomme et la poire d’ailleurs, est le résultat du développement du réceptacle floral après fécondation.

Les bédégars (les galles du rosier), boules chevelues et hirsutes, qui se rencontrent souvent sur les tiges de l’églantier, sont l’œuvre d’un insecte hyménoptère, le cynips des rosiers ( Diplopesis rosae ).

La femelle injecte un liquide dans un bourgeon qui provoque une excroissance dans laquelle elle pond ses œufs. Les cellules modifiées qui composent la galle sont riches en produits nutritifs, sucres, amidons, protéines. Les larves vont s’y abriter, s’y nourrir et s’y développer jusqu’au printemps.

Lieu de vie

On le rencontre dans les haies, les lisières et dans les lieux incultes. Il est très commun dans nos régions. Sa présence nous indique une évolution vers la forêt avec des sols riches en matières organiques végétales et pauvres en matières organiques animales.

Composition

La pulpe des cynorhodons est surtout reconnue pour être la meilleure et la plus importante source de vitamine C de nos aliments locaux. La teneur moyenne en vitamine C de 1350 mg/100g (de 250 à 4000 mg/100g suivant les plantes) en fait un aliment important pour l’hiver. Par comparaison, les citrons et oranges très prisés dans les régimes alimentaires pour leurs apports en vitamine C n’en possèdent que 53 mg/100g, soit de 5 à 75 fois moins... La pulpe contient aussi des vitamines B, PP, E, K et des provitamines A, des sels minéraux (Ca, P, Fe...), des acides organiques (malique et citrique), de la pectine, des tanins et des sucres (saccharose et lévulose).

Toxicité

Pas de toxicité reconnue pour cette plante, mais les poils sur les graines sont très irritants pour la peau et les muqueuses, et ils peuvent provoquer des démangeaisons.

Côté alimentation

Les jeunes pousses sont comestibles et peuvent rentrer dans la composition de vos salades.

Les fleurs peuvent également égayer vos salades et être utilisées en infusion.

Mais ce que l’on retient principalement, ce sont les cynorhodons et surtout leur pulpe au goût fruité, acide et très aromatique. On l’utilise, après les gelées, pour préparer une pâte qui se mange sucrée et qui procure à l’organisme un apport nutritif important sous une forme rapidement assimilable. On se sert aussi de cette pâte pour réaliser des confitures, des marmelades, des sirops et des liqueurs. On peut réaliser aussi une sauce à la couleur de la sauce tomate, sans le goût, qui peut servir à garnir une pizza, par exemple ou à servir de sauce dans vos plats. Les suédois en font une délicieuse soupe sucrée, le nyponsoppa, qui peut se servir en entrée ou au dessert avec de la crème. Les amérindiens consommaient les cynorhodons comme aliments de survie car ils restent accrochés aux rameaux tout l’hiver. Ils ont été aussi broyés dans du pemmican, ce pain très nutritionnel à base de viande séchée, de graisses animales et de petits fruits, que l’on peut conserver des années et qui a été beaucoup utilisé par les expéditions polaires.

Côté médicinal

Les très fortes doses en vitamine C de la pulpe des cynorhodons sont un tonique et un antiviral de choix. Ils sont employés contre la lassitude et l’asthénie, pour prévenir et soigner les grippes. Ils sont particulièrement recommandés aux personnes souffrant de carences en vitamine C et notamment aux fumeurs. La vitamine C remonte les défenses immunitaires. La pulpe est aussi utilisée comme astringent pour combattre les diarrhées, la dysenterie, les pertes blanches et les hémorragies.

La décoction de cynorhodons est à la fois un anti-diarrhéique efficace et un vermifuge contre les ascaris.

La poudre de cynorhodon a un effet anti-inflammatoire, surtout pour les douleurs arthritiques.

Les poils des graines sont administrés à jeun, enrobés dans du miel pour éliminer les ascaris.

Les fleurs sont légèrement laxatives, astringentes et cicatrisantes dans les aphtes, les plaies et l’inflammation des paupières.

Les feuilles sont riches en tanins et s’emploient comme astringent contre les diarrhées.

Les bédégars étaient autrefois médicinalement très prisés comme vermifuge, diurétique et contre les calculs de la vésicule biliaire, mais aujourd’hui on ne les utilise plus que comme astringent.

Autres utilisations

En vannerie, on se sert des tiges pour fabriquer les arceaux de soutien des paniers.

Dans les champs, on se servait de la souplesse et de la dureté des tiges pour fabriquer de solides dents de râteaux.

Instrument de musique : Le bois des tiges a aussi été utilisé pour fabriquer des sifflets.

Finalement,

il serait peut-être bon que l’on redonne une place à cette plante souvent mal aimée. L’églantier devrait sans aucun doute bénéficier d’une attention particulière, au moins autant que tous les légumes et fruitiers qui ornent habituellement nos jardins, ne serait-ce que pour les formidables apports qu’il nous offre.
Ainsi, pourquoi ne le laisserions-nous pas se développer un peu, d’autant qu’il est très sensible aux tailles sévères et ne donne des cynorhodons qu’après une à deux années de tranquillité. Essayez donc de laisser un églantier prendre sa place dans votre jardin... Il vous amènera sa beauté et pourra être utilisé dans votre alimentation ou pour vos soins.

Tout d’abord, réaliser une purée avec la pulpe des cynorhodons


1/ Pour être utilisable, la pulpe des cynorhodons doit être molle. Vous pouvez donc, soit les cueillir après les premières gelées blanches de l’hiver, lorsqu’ils sont ramollis, soit prendre les cynorhodons encore durs et les ramollir en les faisant bouillir dans de l’eau ou en les laissant un moment dans votre congélateur.

2/ Dès qu’ils sont assez ramollis, les passer dans un moulin à légumes, une première fois. C’est assez fastidieux et il vous faudra insister assez longtemps. Vous obtenez ainsi une première purée très dense et compacte. Reprenez le mélange non encore mouliné et mettez-le à cuire dans un peu d’eau quelques instants. Ensuite, passez le mélange une nouvelle fois dans le moulin à légumes. Vous obtenez ainsi une deuxième purée plus liquide. Vous pouvez recommencer une dernière fois pour récupérer le reste de pulpe sur les graines.

3/ Une autre solution consiste à ouvrir chaque cynorhodon en deux et à enlever les graines poilues qui se trouvent à l’intérieur. Une fois la pulpe ramollie, vous la broierez directement avec le moulin à légumes. Cette solution permet d’obtenir une purée plus douce mais est beaucoup plus longue.

4/ Mélanger, suivant vos besoins, ces différentes purées pour vos recettes.

Soupe de cynorhodons

1/4 de litre de lait, 100 g de purée de cynorhodons, 20 g de sucre, de la crème fraîche si besoin.

1/ Faire tiédir le lait et y mélanger avec un fouet la purée de cynorhodons et le sucre.

2/ Verser dans les assiettes et y ajouter un peu de crème fraîche. A déguster tiède.

Rq : Pour une première fois, n’utiliser pas la « troisième purée » très liquide car c’est souvent par elle que l’on récupère le plus de poils.

Pizza de cynorhodons

Pour la pâte : De la levure de boulanger ou du levain et un peu d’eau tiède, 300 g de farine, 2/3 cuillères à soupe d’huile d’olive, 15 cl d’eau tiède, du sel

Pour la garniture : Purée de cynorhodons, oignons, gousses d’ail, herbes aromatiques, sel

1/ Réaliser une pâte à pizza
- Délayer la levure (levain) dans un peu d’eau tiède et laisser reposer 15 à 20 minutes.
- Dans un autre récipient, verser la farine et former un puits au centre. Ajouter ensuite les 15 cl d’eau tiède, ainsi que l’huile d’olive, le sel et le levain.
- Pétrir la pâte le plus longtemps possible avec la paume de la main pour obtenir une pâte souple et élastique.
- Couvrir la pâte d’un torchon légèrement humide et la laisser reposer dans un endroit tiède, pendant au minimum 1 heure.
- Pétrir quelques instants encore la pâte, la diviser en 2 boules et étaler la pâte sur un plan de travail bien fariné.

2/ Faire brunir dans une poêle les oignons en morceaux et l’ail haché dans un peu d’huile avec les herbes aromatiques.

3/ Mélanger les purées de cynorhodons et ajouter le mélange avec les oignons. Saler à convenance et étaler sur la pâte.

4/ Graisser la plaque du four et saupoudrer de farine. Enfourner dans un four chaud et faire cuire à 200°C.

Confiture de cynorhodons

200g de purée de cynorhodons, 100 à 150g de sucre suivant votre goût.

1/ Verser dans une casserole la purée de cynorhodons et le sucre et faire chauffer quelques instants pour dissoudre le sucre.

2/ Mettre en pot. Laisser refroidir et consommer.

Rq : Cette recette permet de ne pas trop chauffer la pulpe. Vous pourrez ainsi garder intact un maximum de vitamines tout en minimisant la quantité de sucre. L’inconvénient est qu’elle se conserve moins bien. Il vous faudra donc en préparer peu et la garder dans un réfrigérateur.

Pour conserver la confiture plus longtemps :

1/ Verser un même volume de purée et de sucre dans une casserole et monter le mélange à ébullition un moment en remuant sans arrêt.

2/ Mettre la confiture bouillante en pots, fermer de suite et retourner les pots une fois fermés.

3/ Laisser refroidir et entreposer dans un endroit frais.


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 1810 / 55050

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Rencontrer les plantes sauvages et connaître leurs (...)   ?

Site réalisé avec SPIP 3.2.0 + AHUNTSIC

Creative Commons License